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Château de Thau


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Lien
Deux gravures de Roque de Thau
d'Hermann Van der Hem, datant des années 1630 - 1640
(Gallica site de la Bibliothèque Nationale de France)

 

Historique


A
u XIVème siècle le château est désigné sous le nom de château de Taur. Il exerçait une suzeraineté sur les castels de plusieurs paroisses voisines et percevait un péage sur les marchandises allant de la Saintonge en Guyenne et réciproquement.

Ancien poste militaire il fut saccagé pendant la guerre de Cent Ans et entièrement reconstruit au XVIème siècle par le famille du Sault. Par alliance il devint propriété du Marquis d'Alesmes puis du Marquis de Saint-Laurent, président de la cour des aides de Bordeaux. Il fut acquis avant la révolution par le président de la Tresne et conserva jusqu'en 1793 ses hautes murailles crénelées et ses douze tourelles à pointe. Après l'éxécution du Marquis de Saint-Laurent (?), durant la terreur, le château fut démantelé et en partie détruit. Les terres furent vendues comme bien national. Plus près de nous, pendant de très nombreuses années, il appartint à la famille VIAUD qui fit construire un château moderne à proximité. Il appartient aujourd'hui à la famille SCHWEITZER.

Tombé en ruines après la révolution, il devint le sujet de diverses légendes (RIBADIEU - Châteaux de la Gironde p. 500).

Légendes


A
u début du XIXème siècle, les habitants du voisinage croyaient que les ruines du château servaient de refuge aux revenants aux sorciers et aux damnés. Pour étayer leur croyance, ils s'appuyaient sur une légende qui disait qu'aux temps anciens, quand le château servait de défense, on y pénétrait par un pont levis franchissant un abîme. Les assaillants qui s'y aventuraient y étaient précipités. C'étaient, disait la légende, les âmes de ces trépassés morts en état de pêché qui gémissaient en réclamant une sépulture chrétienne.

Non loin du château la "Grotte des Fées" est elle aussi objet de légendes. Au XVIIe siècle un "DEHALIS", châtelain du voisinage, avait épousé une fée, jolie mais coquette... très coquette. Elle passait trop de temps à sa toilette et avait le don d'exaspérer son mari. Un jour, alors qu'elle se faisait attendre encore plus que d'habitude, il s'écria perdant patience : "Que le diable emporte les fées". Alors la pauvrette, croyant avoir perdu l'amour de son mari, tendrement chéri, s'enfuit du château et alla se réfugier dans une grotte du voisinage qui depuis porte le nom de la "Grotte des Fées". Cette grotte fut, au XIXe siècle explorée par Daleau qui y trouva des pointes de lance en pierre taillée, des ossements animaux, de coquillages et des sculuptures néolithiques.

Sources
Essai sur l'arrondissement de Blaye - Ses monuments et ses notabilités
Edouard FERET - Ed. Feret et Fils 15, cours de l'Intendance - Bordeaux (1883)
Extrait transmis par J. Pouilhe
Un article de SO (?) signé Denise Roy-Vallet

Colombier

Le colombier est la partie la plus ancienne du château fort qui soit encore en état, il daterait du XIIème siècle. Il vient d'être restauré, en 2004, avec l'aide des services des «Monuments Historiques».

 

Remarquer le larmier qui empêche les rats d'entrer dans le pigeonnier.

Le colombier symbolisait, sous l'Ancien Régime, l'autorité de la noblesse et sa richesse foncière. Seul le Seigneur avait le droit de posséder des pigeons et le droit de propriété se transmettait à un seul héritier.

Le colombier de Thau est une grosse tour ronde tapissée intérieurement de poteries scellées au mur par du mortier. Ces poteries spéciales, dont le fond est déporté par rapport à l'orifice, servent de nids aux pigeons et sont appelées " boulins ". Le nombre de boulins dans un colombier est fonction de la surface des terres qui sont sous l'autorité du suzerain. Celui-ci avait droit à un boulin pour un acre (ancienne mesure de superficie valant environ 50 ares). Ainsi, au château de Thau, il y a 200 trous dans les murs, ce qui veut dire que le châtelain contrôlait 100 hectares.
Plus le seigneur était puissant, et ses droits importants sur ses vassaux, plus il pouvait placer les boulins près du sol.

Le pigeonnier était construit autour d'un pilier central, avec deux bras de bois et une échelle, qui tournait sur lui-même pour qu'on puisse accéder aux nids. Il est prévu de reconstituer ce pilier au château de Thau.

A l'extérieur, les étages sont séparés par un " larmier ", relief empêchant les rongeurs d'attaquer le niveau supérieur et d'atteindre le toit.

Les propriétaires M et Mme Schweitzer souhaitent ouvrir ce lieu au public comme salle de dégustation. Ils ont bien d'autres projets pour retrouver des éléments du vieux château, comme la fontaine ou les escaliers du jardin. Il est sûr que cette propriété est pleine de charme et ne manque pas de possibilités. Avec le temps…

Odile MADRIAS
Le Journal de Gauriac (n° 60 -Avril 2004)

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